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Le marché des météorites

Le marché des météorites

Un point sur le marché des météorites et son évolution

 

Le marché des météorites en lui-même est relativement ancien, et débute à partir du moment où les hommes ont commencé à observer et à s’interroger sur les météorites, cherchant ensuite à les acquérir en tant que reliques mystiques, ou à partir du XVIème siècle en tant que naturalia à étudier. Dès cette époque, les échanges entre curieux ont commencé à s’intensifier, leurs études supportées par la mise en gravure de leurs découvertes. Au XXème siècle, les amateurs ont commencé à s’organiser autour des institutions précédemment citées, avec l’American Meteor Society en 1911, et la Meteoritical Society en 1933. Mais le cercle de collectionneurs et acquéreurs demeurait très restreint sur un public scientifique avec pour intéressés majoritaires les institutions muséales ou les laboratoires d’études, bien plus que les particuliers. Mais cette pratique semble s’être démocratisée à partir des années 1980, lorsque les chasseurs de météorites – amateurs et passionnés de base – ont commencé leurs activités. M. Labenne, ainsi que Darryl Pitt sont deux exemples franco-américain de ce schéma d’ouverture du marché des météorites, qui demeure un domaine très spécifique et peu connu du grand public et des pratiquants du marché eux-mêmes face à l’originalité et la rareté des matériaux proposés.

 

Les années 1990 marquent un tournant pour cette « niche » bien spécifique du marché, avec l’intégration des météorites dans les ventes thématiques d’histoire naturelle qu’on lancé les grandes maisons anglo-saxonnes, avec pour pionnières Phillip’s et Bonham’s en 1998. Les météorites, alors vendues par lots ou de façon séparées, étaient fondues parmi les centaines d’autres objets présentés et n’attiraient l’attention que d’une portion très restreinte de collectionneurs. Si les lots de météorites sont plus accessibles et à un prix plus attractif, on constate que les météorites uniques se vendent mieux et atteignent des prix acceptables, en général juste au dessous de l’estimation basse, et ponctuellement bien au dessus des estimations espérées. Certaines pièces exceptionnelles peuvent atteindre des sommes impressionnantes pour le milieu, allant jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de dollars, comme c’est le cas avec des météorites martiennes du type de NWA 7533.

 

Organes de référencements, appellations et estimations

 

- Meteoritical Society

 

Les récoltes, quelles soient sous forme de « chutes » de pierres (dont l’arrivée sur terre fut au préalable observée), ou de « trouvailles » (correspondant pour leur part aux découvertes fortuites ou découlant de campagne de prospection systématisée) doivent ainsi se plier à certains protocoles de référencements.

 

Pour pouvoir référencer une météorite, le Dr Pavel Spurný de l’Observatoire Ondejov, République Tchèque, préconise de noter dans un premier temps la date, le lieu, et la durée de l’observation (en secondes), la position du météore dans le ciel (orientation et distance angulaire au dessus de l’horizon), d’enregistrer ou de prendre une photographie, de décrire l’évolution de la manifestation (fragmentation, extinction, etc...), et des manifestations associées (bang supersonique, lumière, décalage de son et de l’observation).

 

Ces référencements servent ensuite l’étape de documentation, établissant la « carte d’identité » de la météorite, qui doit d’une part condenser le savoir scientifique qu’on possède sur l’objet, le référencer pour la communauté scientifique, et dans le cas du marché de l’art servir de certificat d’authenticité et faire jouer de son historique pour déterminer sa valeur.

 

Les adeptes de la chasse à la météorite appliquent un système de nomenclature et de référencement mis en place et renouvelé fréquemment par la Meteoritical Society (Inernational Society for Meteoritics and Planetary Science). Pour être reconnue officiellement comme une météorite et être référencée (et ainsi acquérir son « pedigree » pour emprunter au vocabulaire du marché de l’art), la météorite découverte doit être présentée à l’équipe scientifique de la Meteoritical Society, apportant son expertise, et la déclarant ensuite en publiant sa découverte dans le Meteoritical Bulletin (référencement annuel). La seule condition de cette reconnaissance est de céder un échantillon de 20g (ou 20% du poids total pour une météorite de moins de 100g) au près d’une institution scientifique pour étude. Une fois ce don à la science fait, les météorites peuvent circuler librement avec leurs certificats si l’Etat de découverte le permet.

 

- Le Laboratoire de minéralogie et de cosmochimie du Muséum national d’histoire naturelle

 

Le laboratoire situé au 61, rue Buffon dans le Ve arrondissement de Paris, dispose d’une équipe de scientifiques pouvant examiner et expertiser les météorites que des particuliers ou des professionnels peuvent leur envoyer. Tout comme pour la Meteoritical Society, ainsi que d’autres laboratoires universitaires de recherche de part le monde, un échantillonnage est demandé comme rétribution de l’expertise (sauf si l’objet est trop courant), moyennant la certification.

 

- Appellations

 

Les météorites trouvées doivent prendre le nom du lieu, du site ou du village le plus proche où elles furent découvertes (avec par exemple les météorites bien connues de Campo del Cielo en Argentine). Mais cette règle ne peut s’appliquer pour les météorites trouvées en Antarctique ou dans le désert, dû à la faible population locale et aux conditions de vie extrêmes. Pour les déserts, la localisation prime pour nommer les météorites, tandis que l’Antarctique se focalise sur l’année de découverte en plus du lieu. Ainsi, la 352e météorite trouvée dans le nord-ouest du Sahara sera dénommée NWA 352 (Nord West Africa n°352), tandis qu’une météorite trouvée près des montagnes Alan Hills en Antarctique en 1984 prendra la nomenclature de ALH 8400136.

 

 

- Estimations

 

Un particulier peut tout à fait acquérir une météorite pour un prix raisonnable : la taille et le poids des météorites proposées en vente varie grandement en allant de 1 cm à plusieurs dizaines de centimètres, proposant ainsi un vaste choix de stratégie d’achat. Les météorites peuvent se vendre à l’unité pour les plus intéressantes, en lot pour les plus petits fragments, ou encadrées et mises sous verre.

 

L’estimation de ces objets peut s’avérer complexe, car plusieurs facteurs peuvent entrer en compte. Le coût de la recherche sur le terrain, la rareté, la composition (la présence d’un certain pourcentage de zinc notamment, caractéristique spécifique des météorites ferriques) et le poids sont autant de notions initiales inévitables pour estimer le prix d’une météorite.

 

Ainsi, il faut compter entre 0.5 et plusieurs centaines d’euros au gramme pour une météorite basique selon son poids, de 500 à 2 000 dollars au gramme pour les lunaires et martiennes, et jusqu’à 15 000 dollars pour les pour celles au « pedigree » le plus marquant.

 

La notion de « Pedigree » n’est pas vraiment usitée pour parler des météorites. Toutefois, à l’instar des œuvres picturales, la « carte d’identité » de l’objet, que cela présente son historique de collection, son origine géographique ou ses caractéristiques scientifiques et plastiques, va avoir une influence notable sur son estimation et son succès lors d’une vente. Ainsi, des météorites courantes (qui peuvent aller d’1 cm de longueur à plusieurs dizaines de centimètres), on peut être tenté de distinguer :

 

- Les météorites « historiques » : ces dernières présentent un fort intérêt historique, que cela soit à cause de leurs cheminements, que par les circonstances de découvertes plus ou moins bien documentées et spectaculaires. À titre d’exemple, la météorite tombée en 1749 près des montagnes de Krasnojark en Sibérie, fut l’initiatrice du terme « pallasite » en reprenant le nom du naturaliste allemand ayant étudié les fragments de fer-nickel présentant des inclusions d’olivines typique : Peter Simon Pallas. Cette météorite de près de 700kg, fut ensuite transportée à Saint-Pétersbourg en 1773, et exposée dans le cabinet de curiosité de Pierre le Grand, et est depuis connue sous le nom de « fer de Pallas ». Dans ce cas, la valeur historique vint s’ajouter à la valeur plastique de la pallasite, ainsi qu’à la rareté de ce type de météorite mixte (seulement 1%).

 

- Les météorites d’ampleur muséologiques : ce sont celles qui présentent un intérêt tant historique que scientifique. C’est le cas de la célèbre NWA 7533 (surnommée « Black Beauty ») une météorite martienne découverte par M. Labenne en 2012 en Afrique du Nord, et provenant des régions les plus anciennes de la planète Mars. M. Labenne a fait don d’un échantillon de la découverte au Muséum national d’Histoire Naturelle de Paris. Cette météorite exceptionnelle se distingue pour les informations scientifiques qu’elle recèle (datant de 4.4 milliards d’années, elle relate l’enfance de la planète) et sa rareté (on ne dénombre que 68 météorites achondrites martiennes répertoriées38). Si un collectionneur désire acheter un fragment de NWA 7533, il faudra ainsi compter 15 000 $ le gramme.

 

- Les météorites à « potentiel artistique » : cette dernière catégorie est la plus récente. Les météorites sont acquises et mises en valeur pour leurs qualités plastiques et leurs potentiels esthétiques, mais également par leurs intégrations dans des travaux d’artistes. Les fragments de la météorite d’Esquel par exemple, dont on observe plusieurs lots dans la vente Pierre Delpuech, sont particulièrement recherchés pour leurs trames subtiles de cristaux d’olivines dans leur matrice fer-nickel, et en faisant une des plus belles pallasites du marché. Les météorites taillées, sont également recherchées, tout comme celles ayant un potentiel sculptural prégnant, comme les météorites présentant des regmaglyptes, ou ayant des figures de Widmanstätten.

1Commentaires

    • Justine

      Intéressant !

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